un peu d’histoire

Si en 1538 les Etats de Bretagne se préoccupent de rendre navigable la Vilaine de Rennes à Messac permettant, dès 1585, la première liaison fluviale de la capitale bretonne à Redon et au « golfe de Gascogne » par la Vilaine maritime, il nous faudra attendre la mise en place de « la Commission de Navigation Intérieure » en 1783 pour voir les premiers projets de navigation entre Nantes et Brest.
Les travaux de construction de ce canal ne commenceront qu’en 1804 sous l’Empire, pour des raisons stratégiques avec la reprise des hostilités avec l’Angleterre et le Blocus continental. La supériorité de la flotte anglaise sur les mers oblige Napoléon Ier à assurer l’approvisionnement des arsenaux de Brest et Lorient par une voie fluviale intérieure la reliant à la Loire par Nantes.

Travaux titanesques de jonction entre quatre bassins fluviaux (Loire, Vilaine, Blavet, Aulne), huit rivières (Erdre, Isac, Oust, Blavet, Kergoat, Doré, Hyères, et Aulne), trois biefs de partage des eaux (Bout-de-Bois : 19,83m, Hilvern : 128,71m, Tranchée de Glomel : 183,85m) et 236 écluses pour un parcours de 360 km... Prisonniers de guerre espagnols, soldats déserteurs et bagnards de Brest, paysans, femmes et enfants vont s’échiner des années durant dans ces travaux. Le canal de Nantes à Brest est livré dans son intégralité à la navigation en 1842.
La batellerie bretonne va assurer à cette voie d’eau une vocation commerciale dans le transport de marchandises à l’intérieur de la province. La construction de routes et le développement des voies ferrées marqueront le déclin des activités de transport sur le canal.
La construction du barrage hydroélectrique de Guerlédan isolera dans les années 30 les parties finistérienne et costarmoricaine du reste du réseau.
Le canal semblait condamné, mais sa vocation touristique le remet au cœur d’une dynamique économique, sociale, environnementale et au cœur de nombreux projets.